MUSEE THE WALLACE COLLECTION

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La magnifique pendule à planisphère, ou pendule astronomique, datant d’environ 1750,  fut commandée par le banquier royal, Jean Paris de Montmartel (1690-1766). Cette pendule témoigne non seulement de l’énorme fortune de Montmartel mais également de son intérêt pour les développements scientifiques et technologiques de l’époque – semblable à celui des nombreux collectionneurs de montres et de pièces horlogères d’aujourd’hui.

Un objet de première importance

Montmartel conservait cette pendule à son domicile parisien, à l’Hôtel Mazarin, dans son grand cabinet.C’est la pièce dans laquelle il avait l’habitude de gérer ses affaires et tenir des réunions avec ses confrères financiers. Cette pendule était sans aucun doute un objet important lui permettant d’impressionner ses pairs – nous savons qu’il était fier de cette pièce horlogère car elle figure bien en vue sur un de ses portraits le représentant assis à son bureau dans son cabinet. Cette pendule lui permettait non seulement de savoir l’heure qu’il était à Paris à la seconde près (temps solaire et temps moyen) mais également de savoir l’heure qu’il était dans n’importe quel pays de l’hémisphère nord et d’indiquer à ses visiteurs le jour et le mois de l’année, le signe zodiacal ainsi que les heures de lever et coucher du soleil et de la Lune.

Les mécanismes de la pendule sont logés dans un meuble extravagant et somptueux, en placage d’amarante et autres bois, rehaussé de bronze doré. Le haut du cadran est surmonté du motif très répandu représentant le triomphe de l’Amour, soit un groupe sculptural en bronze patiné qui fut un élément décoratif très prisé dès le début du 18 e siècle. Le Temps, représenté comme un vieil homme, est assis sur un nuage en bronze doré et sa main gauche est attachée derrière le dos ; l’un des deux cupidons représentant l’Amour, lui a volé sa faux en bronze doré. Nous ne savons pas qui a réalisé le meuble mais la conception des montures en bronze a été attribuée à Jacques Caffieri (1678-1755), un bronzier remarquable qui travailla pour les Bâtiments du Roi pendant de nombreuses années et dont les œuvres ont décoré de nombreux palais royaux. Au cours de son histoire, le meuble a subi de légères modifications des éléments décoratifs et un socle a été ajouté afin de le surélever ; à l’époque de Montmartel, les cadrans auraient été à la hauteur des yeux d’une personne debout.

Un mouvement d’exception

Le mouvement, véritable chef d’œuvre de conception, a été conçu par Alexandre Fortier, notaire et inventeur parisien connu pour avoir travaillé à de nombreuses reprises avec l’horloger Michel Stollewercke (devenu maître horloger en 1746 et décédé en 1768). Le fond du cadran est gravé « Alexandre fortier invenit/Stollewerck fecit Aparis ». Le cadran en laiton est composé de cinq cadrans principaux et de quatre guichets affichant chacun différentes informations, est décoré de gravures. Le mouvement est logé derrière le cadran mais les parties latérales et l’arrière du boitier sont composés de panneaux de verre permettant d’admirer le mouvement.

La pendule comprend un mouvement à poids 15 jours et une sonnerie à chaperon à ressort sonnant les heures et les demi-heures en fonction de l’heure solaire apparente sur une cloche placée directement au-dessus du mouvement. Le mouvement est aujourd’hui doté d’un échappement Brocot. Le jour solaire, défini comme étant le temps écoulé jusqu’à ce que le soleil revienne au méridien, est sujet à variation car la terre se déplace à vitesse variable autour du Soleil et l’inclinaison du Soleil par rapport à l’équateur varie selon les saisons. Le temps moyen surmonte cette variation grâce à une division uniforme du temps. La différence entre le temps moyen et le temps solaire varie entre -17 minutes et +14 minutes. Au 18ème siècle, les horlogers savaient comment afficher ces variations et la nommèrent l’équation du temps. Le mouvement de la pendule mesure le temps moyen mais les aiguilles percées et dorées sont entraînées par une cage mobile dont la position est régie par une came réniforme lui conférant un mouvement variable permettant d’atteindre l’équation du temps. La pendule sonne ainsi les heures en fonction du temps solaire, lorsque l’aiguille dorée des minutes est positionnée sur l’heure et non lorsque l’aiguille en acier bleui atteint XII. La pendule est également dotée d’un cadran indiquant les secondes.

Élégance de l’affichage

Le rouage astronomique comporte un mécanisme de calendrier perpétuel. Lorsque la roue de la date avance, elle arme un ressort spiral qui, quand elle atteint la fin du mois, est débloquée par un levier et ramenée au début du mois. De petits guichets sur le cadran indiquent la date, les jours et les mois de l’année.

D’autres informations sont affichées avec beaucoup d’élégance. Le planisphère, une représentation gravée de l’hémisphère nord avec le pôle Nord au centre et les degrés de longitude autour de la circonférence, occupe le centre du cadran. Sur le bord extérieur de l’anneau argenté sont gravés les signes du zodiaque et un disque doré en forme de Soleil tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pointe le signe correspondant à la période en cours. Un espace peint en bleu représentant la voûte céleste sépare ce Soleil de la Lune qui est représentée par disque argenté gravé d’un visage. Le disque de Lune tourne autour d’un anneau intérieur tournant lui-même une fois par an, calibréde 1 à 29½, indiquant ainsi l’âge de la Lune en jours. Ce phénomène est représenté par le disque en acier bleui qui couvre ou découvre le disque de Lune pour refléter les différentes phases de la Lune.

Sur l’anneau argenté le plus proche du planisphère sont gravés en chiffres arabe  les heures en deux séquences de 1 à 12, représentant la période de minuit à midi (ante meridiem) et la période de midi à minuit (post meridiem). Le planisphère lui-même – un disque en laiton – tourne dans le sens contraire et indique l’heure à chaque degré de longitude.

Œuvre d’art et prouesse technologique

Il est intéressant de noter que le méridien correspondant au degré 0 sur le planisphère ne passe pas par Greenwich, ni même par Paris dont le méridien fut utilisé en France pendant de nombreuses années, mais par Ferro (El Hierro) dans les Canaries. La notion de longitude a été découverte par les Grecs mais c’est Ptolémée qui utilisa le premier un méridien cohérent pour son Manuel de géographie (vers l’an 150 apr. J.-C.). Il utilisa un emplacement assez proche des îles Canaries puisqu’il était important que ce point de référence soit suffisamment éloigné de la pointe la plus à l’ouest de l’Afrique. Les calculs changèrent légèrement au fil des siècles mais, aux 16ème et 17ème siècles, un seul et même emplacement était généralement utilisé. Louis XIII et Richelieu décrétèrent en effet que Ferro devait correspondre au degré 0. En 1750, Paris était devenu le méridien de référence le plus fréquemment utilisé, il peut donc paraître surprenant que cette pendule si moderne par plusieurs aspects affiche toujours le méridien de Ferro. Montmartel était actionnaire de plusieurs compagnies d’outremer et de commerce international ce qui explique sans doute son intérêt prononcé pour une pièce horlogère aussi complexe.

Sous le planisphère se trouvent deux cadrans indiquant le lever et le coucher du Soleil et de la Lune, tous deux peints de manière à représenter la voûte céleste diurne et nocturne. Deux guichets sous le cadran principal affichent le mois et la date. L’affichage est mû par les roues en laiton argenté du mécanisme du calendrier perpétuel qui s’ajuste automatiquement. Lorsque la roue calendrier avance, elle arme un ressort spiral qui, lorsque la roue atteint le dernier jour du mois, est débloquée par un levier et retourne au premier jour du mois. Le point auquel la roue est relâchée est régi par une came dotée de crans de différentes profondeurs pour permettre la variation de la durée des mois. Il existe une pendule plus récente, signée Fortier et Stollewerck, dotée d’un système plus sophistiqué prenant en compte les années bissextiles.

A la Wallace Collection, cette pendule fonctionne constamment, pour le plus grand plaisir des visiteurs. Après 260 ans, elle indique toujours parfaitement l’heure et peut encore être utilisée pour prévoir les phases de la Lune et l’heure du coucher du Soleil, tout en indiquant l’heure qu’il est au Japon. Œuvre d’art et prouesse technologique, cet objet unique en son genre a fasciné des générations de visiteurs. Il rend hommage à la volonté perpétuelle de l’Homme à travers les siècles de comprendre, mesurer et contrôler le temps. 


Jean Paris de Montmartel, gravure par L-J Cathelin après M-Q de la Tour et C-N Cochin  The Wallace Collection

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Pendule française vers 1770

Bronze doré, avec cadran rotatif incrusté de diamants.

Elle est surmontée d’un putti en tenue de guerrier.

La socle est orné de médaillons représentant; la Géographie (à gauche), l’Astronomie (en face), l’Amour (à droite).

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WALLACE COLLECTION 01LONDON 20.04.14 226LONDON 20.04.14 227LONDON 20.04.14 233ALMANACH  PERPÉTUEL DU ROI LOUIS XV FABRIQUES PAR ANTOINE-NICOLAS MARTINIERE ( 1706-1784) EN 1741-1742. Email sur cuivre. Surmontés des armes de France avec couronne royale. Les plaques d’émail indiquent les mois, les signes du zodiaque, les phases de lune, les jours de la semaine, les dates des Saints. Chaque almanach est dédié à Louis XV et des maximes accompagnent les quatre almanach.

LA WALLACE COLLECTIONCARTEL LOUIS XV VERS 1730 SIGNE J-A THURET (horloger du Roy 1694-1739). Caisse attribuée à Bernard I Van RISENBURGH (1600-1738). Marqueterie BOULLE et bronzes dorés représentant Diane descendant de son char.

LONDON 20.04.14 011CARTEL vers 1712-1720 attribuée à André-Charles BOULLE (1642-1732)

L’allégorie de l’Amour triomphant était un motif fréquent sur les pendules des XVIII e et XIX e siècles. Sur cette pendule, la figure de l’Amour tenait auparavent la faux du Temps dans la main gauche. Il se peut que le mouvement  soit de Jacques-Augustin THURET (mort en 1739), lequel comme BOULLE et GIRARDON, disposait d’un logement au Louvre. Boulle produisit une série de pendules de ce type qui peuvent être datées entre 1708 et 1720.

Chêne plaqué d’écailles de tortue, d’ébène, de laiton et de noyer ébénisé, bronze doré. H 100,2 cm, l 52 cm, p31 cm

LONDON 20.04.14 048Pendule de cheminée, vers 1715 attribuée à André-Charles BOULLE (1642-1732)

Le modèle de cette pendule figurait en 1715 dans l’inventaire de l’atelier BOULLE où elle était estimée, quoique inachevée, à la somme élevée de 2 500 livres. Le mouvement est de Jean JOLLY (maître en 1698). La figure de Vénus en bronze doré pose le pied droit sur un coquillage en spirale, certainement moulé d’aprés nature, l’Amour avec son arc et sa flèche se tenant à ses cotés. A l’origine, un feston de fleurs en bronze doré devait courir de la girlande tenue par Vénus jusqu’aux fleurs sur la gauche. Le cadran décoré de putti volants est d’un type souvent utilisé par BOULLE.

Chêne plaqué d’écailles de tortue, bois de rose, ébène et laiton, bronze doré. H 79 cm, l 53,5 cm, p 42 cm.

LONDON 20.04.14 051 LONDON 20.04.14 055 LONDON 20.04.14 054ARMOIRE, 1715 André-Charles BOULLE (1642-1732)

Chêne plaqué d’ébène et contrepartie de marqueterie Boulle en laiton et écaille de tortue. Montures en bronze doré. H 311.5 cm. l 196 cm. P 65,8 cm

Cette armoire figurait, avec son pendant, en octobre 1715 dans l’inventaire de l’atelier du grand ébéniste André-Charles Boulle. Le pendant aujourd’hui perdu, était en marqueterie en première partie, avec motif en laiton inséré sur un fond d’écaille de tortue. Bien qu’en étant pas l’inventeur, Boulle donna son nom à cette technique de marqueterie, fréquemment utilisée dans le mobilier des XVIII e et XIX e siècles. Cette armoire fut peut-être réalisée pour Jean Delpech, Conseiller au parlement de Paris.

The Wallace Collection .Pendule LEPAUTEPendule de cheminée, 1781. Mouvement de Jean-Baptiste LEPAUTE (1727-1801) a été exécuté à partir d’une création de François Joseph Bélanger (1744-1818), architecte de Louis XV et de Louis XVI, qui privilégiait par particulièrement le style néoclassique. Le dessin des sphinx de cette pendule fut probablement influencé par les sculptures antiques de sphinx conservées dans les collections particulières de Rome, par exemple à la Villa Albani. Bien avant les campagnes d’Egypte de Bonaparte (1798-1801), la France manifestait déjà un intérêt considérable pour l’art de l’Egypte ancienne. Les montures représentent également, en haut, des colombes se becquetant sur un fond de nuages tourbillonnants et, sur la base, six médaillons avec les signes du zodiaque.

Bronze doré sur une base en pierre peinte à imitation de marbre. Montures en bronze doré. H 53 cm, l 56 cm, p 18 cm. THE WALLACE COLLECTION (Londres)

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PENDULE, 1771, dessinée par L-S BOIZOT (1743-1809), construite et dorée par P.GOUTHIERE (1732-1813), mouvement de N-P.G DELUNESY (maître en 1764).

Bronze doré avec socle en marbre levanto rosso.

Présentée par la ville d’Avignon en 1771 au marquis de ROCHECHOUART. Les figures symbolisent Avignon (femme debout), le Rhône et la Durance. THE WALLACE COLLECTION (Londres)

The Wallace Collection. Ferdinand Berthoud The Wallace Collection; F Berthoud

REGULATEUR DE PARQUET ET BAROMETRE, 1768.

Caisse de BALTHAZAR LIEUTARD (maître en 1749), mouvement de FERDINAND BERTHOUD (1727-1807) maître en 1753.

Caisse en chêne plaqué d’ébène. Les bronzes dorés sont typiques du style néo-classique. 

L’horloge a un balancier compensé en laiton et tiges d’acier.

LONDON 20.04.14 304LONDON 20.04.14 303HORLOGE DE TABLE, ALLEMAGNE vers 1600. Laiton doré,cristal de roche. THE WALLACE COLLECTION (Londres)

 

LONDON 20.04.14 280MONTRE CRUCIFORME signée AUSIN, vers 1650. Argent, laiton doré, cristal de roche. THE WALLACE COLLECTION (Londres)

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LONDON 20.04.14 276 Montre de forme tulipe signée  J.B DUBOULE (1615-1694). Suisse, Genève. Email, laiton doré, cristal de roche. THE WALLACE COLLECTION (Londres)

Cette montre est à rapprocher de la montre tulipe ci-dessous signée également DUBOULE (musée de la Renaissance, Ecouen). Le cadran et la boîte sont  identiques, seul le pendant est différent. Bien que datée de 1630 par le Wallace Collection, cette montre comme celle du musée de la Renaissance doit dater de 1660.

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